Ne perdez pas de vue l’essentiel – la gouvernance passe toujours par la culture d’entreprise

Leila Rafi Auteur Leila Rafi
date de publication 28 Janvier 2018

La gouvernance d’entreprise est un sujet d’actualité ces jours-ci. En phase de démarrage, votre entreprise n’est certes pas assujettie aux mêmes règles strictes en matière de gouvernance qui s’appliquent à une grande entreprise ouverte. Cependant, vous ne devez jamais perdre de vue l’importance que revêt une saine culture pour une bonne gouvernance d’entreprise.

 

Trop souvent, les entreprises abordent la gouvernance d’entreprise en se noyant dans les listes de vérification, les politiques et les processus. C’est surtout vrai pour les fondateurs d’entreprises en démarrage, car ils ont du mal à trouver du temps à consacrer à des questions immatérielles telles que la culture d’entreprise. Or une bonne gouvernance d’entreprise, c’est beaucoup plus qu’une « liste de cases à cocher » en matière de conformité. À l’instar de toute bonne politique et procédure, le fondement d’une bonne gouvernance est une saine culture d’entreprise. Ce point est de plus en plus important pour les entreprises en croissance rapide. Vous n’avez qu’à demander à Uber ou à son ancien chef de direction.

 

Pour protéger votre entreprise émergente du risque de perte commerciale ou ne pas ébranler la confiance des investisseurs envers votre entreprise en croissance, vous devriez ne pas perdre de vue ce qui suit :

 

  1. Ne tablez pas sur une conformité fondée sur des règles, en soi elle n’est pas efficace.
  2. Définissez une hiérarchie et une structure claires et laissez ouverte la possibilité de remise en cause des décisions à tous les niveaux. En pratique, cela se traduit par une politique de la porte ouverte et/ou une politique de dénonciation qui permettent le signalement de comportements toxiques et la mise en place d’un processus légitime de suivi pour le traitement des plaintes.
  3. N’appliquez pas un code de conduite différent pour ceux qui sont le plus performants. Ceux qui font de l’argent peuvent être un gros fardeau à long terme s’ils ne sont pas encadrés.
  4. Chaque administrateur qui siège au conseil devrait toujours garder la communication ouverte avec la direction et le personnel d’exploitation (y compris les salariés subalternes).
  5. Les membres du conseil devraient effectuer des visites non planifiées dans les locaux de l’entreprise de façon régulière.
  6. La rémunération et les récompenses ne devraient pas être liées, du moins pas entièrement, à des objectifs financiers à court terme.

 

Si les fondateurs tiennent compte de ces principes lorsqu’ils établissent leur entreprise, ils pourront instaurer une saine culture dès le début. Les drapeaux rouges doivent être compris comme des signaux d’alerte que la culture d’entreprise est déficiente et qui auront des conséquences néfastes sur la gouvernance d’entreprise.

 

Le futur d’une start-up peut parfois comprendre un premier appel public à l’épargne (PAPE) comme stratégie de sortie possible pour ses fondateurs. Si une start-up devient une société ouverte, elle sera assujettie à des exigences plus strictes en matière de gouvernance d’entreprise, dont la surveillance de l’auditeur; des exigences d’attestation pour les contrôles financiers et internes; des exigences en matière de communication de l’information relative à l’indépendance des administrateurs, la représentation des femmes au conseil, la formation permanente des administrateurs et la consignation par écrit du mandat du conseil et sa publication. Pour les sociétés ouvertes, une culture saine demeure un élément clé d’une bonne gouvernance d’entreprise. La promotion dès le départ d’une saine culture d’entreprise est un processus bien plus facile que la correction ultérieure d’une culture malsaine. Aussi, commencez le processus tôt et épargnez-vous et épargnez à votre entreprise des problèmes (et risques potentiels) à plus long terme.